Juste un mot à Monsieur Daniel Bennett

Cher Monsieur,

Sérieux comme une crise cardiaque, je continue à réfléchir sur le sort que j’aurais pu vous réserver à distance si d’aventure les Léopards perdaient ce quart de finale! Évidemment, pour vous, il ne s’agissait que d’un simple match! Mais, arbitre international depuis 2003 au pays de l’apartheid, eh bien, cher Bennett, vous devez savoir mieux que quiconque que certains matches que vous officiez ne sont pas en réalité des matches! Comme chez vous, la finale victorieuse d’une Coupe du monde de rugby sous Mandela Président, n’était pas un match, mais plutôt la consécration de la nation arc-en-ciel! Alors, vous devez faire preuve d’impartialité!

Je reconnais que vous êtes un de meilleurs sifflets du continent, si ce n’est le meilleur, mais je n’admets pas que vous vous amusez à me prendre pour une espèce de cure-dents, pour un naïf dans un match capital où sont engagés, chez moi, des vivants, mais aussi des morts dans l’Est du Congo! Savez-vous que le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale a eu lieu dans ce pays, avec ses six millions de morts, à cause des visées expansionnistes d’un régime fasciste dont le onze national a joué contre les Léopards!

Alors, arrêtez, dans l’avenir, avec ce type d’arbitrage assez subtil qui consiste à souffler tantôt le froid, tantôt le chaud! Le numéro 8 rwandais qui pensait guérir sa constipation sur les jambes de Jonathan Bolingi, pourquoi ne lui avez-vous pas infligé un carton rouge? Comment dit-on en afrikaans, « azoniata moninga neti caillassan, ezaka bongo »? Et pourquoi avez-vous choisi un avertissement verbal à un second carton jaune qui donnerait le rouge à l’attaquant rwandais qui a porté sa main sur Joel Kimwaki? Et ce bras détaché du corps de l’arrière central rwandais qui dévie le ballon de Zacharie Mombo, le remplaçant de Meschack Elia, dans le petit rectangle, pourquoi n’avez-vous pas sifflé penalty? Et, et, et si vous aviez annulé le second but des Léopards, franchement, cher Bennett, mama na ngaieeeeee!! Connaissez-vous d’abord Edingwé? Eh bien, c’est un catcheur qui n’a pas d’égal chez vous, il bouffe les intestins de ses adversaires, et… sans sel ni poivre! Ayebi nzela olekaka, obiki!!!

Bons baisers d’Edingwe sur votre abdomen…

Celui qui respire beaucoup mieux depuis la fin du match!

Didi Mitovilli, Journaliste